Bora, première chienne d'éveil à l'école

Publié le par DIJON

Trop sensible au bruit pour devenir guide d'aveugle, ce golden fait finalement le bonheur de douze élèves en classe d'intégration scolaire, à Angers. Une première nationale.
Reportage

« Voila trente ans que je rêvais d'avoir un chien dans ma classe ! » Brigitte Gasté, institutrice à Angers, est comblée. Depuis septembre, Bora l'assiste auprès de ses douze élèves : des enfants de 8 à 12 ans en difficulté. « Quand on travaille, on a le droit de la caresser... Mais pas trop longtemps ! », précise Corentin.

Bora devait devenir chien guide d'aveugle. « Mais elle est très sensible aux bruits soudains, racontent Jacqueline et Henri Coulot, qui l'ont éduquée. Elle fait aussitôt un écart. » Donc, pas question de lui confier une personne non-voyante.Comme 30 % des chiens confiés à des familles d'accueil par les Chiens guides d'aveugles de l'Ouest, Bora a été « réformée ».

« Un jour, j'ai rencontré l'association dans une galerie commerciale, raconte Brigitte Gasté. J'ai parlé de mon rêve aux bénévoles. » À sa grande surprise, ils lui ont proposé d'adopter Bora. Les parents d'élèves ont été consultés. Aucun n'était allergique à l'idée du chien... et aucun enfant à son poil !

Après avis favorable de l'inspecteur de circonscription, Bora a donc pris ses quartiers au premier étage de l'école Saint-Augustin. Non sans avoir souscrit une assurance en bonne et due forme.

« Important sur le plan affectif »

Le matin, Bora arrive avec sa maîtresse : c'est le moment des retrouvailles avec les enfants. À grand renfort de caresses et de léchage de mains. « Mais, à partir du moment où on travaille, elle sait que ce n'est plus sa place. Et elle va se coucher auprès de l'un d'eux. » Dans un coin de la classe, un tableau coloré indique qui est responsable de Bora ce jour-là.

Ce vendredi, c'est Jennifer. La laisse est posée sur le dossier de sa chaise. Et Bora vient vers elle pour descendre se soulager dans un petit jardin séparé de la cour, à l'heure de la récré.

À midi et quart, Brigitte emmène Bora faire une longue promenade. « J'ai toujours été persuadée de l'efficacité d'une présence animale auprès d'enfants qui ont un rythme lent. Quand on fait la lecture, ils tournent leur main dans son poil... » Un poil très soyeux, qui rappelle la peluche.

« Pour certains, c'est très important sur le plan affectif. » Avec des réactions parfois épidermiques, ses élèves peuvent entrer facilement en friction. « La présence de Bora les apaise. »

À Saint-Augustin, la classe d'intégration scolaire travaille « à partir de la présence du chien ». Les plus grands lisent « Mon chien va à l'école » aux plus petits. « Et on va aller voir l'éducation des chiens guides d'aveugles dans leur école à eux », se réjouit Brigitte.

Alors, Bora passera la matinée chez ses anciens maîtres. « Maintenant, on est famille nounou », se console Henri, ravi que cette si gentille chienne ait quand même trouvé « à rendre service ».

Claudine QUIBLIER. source : http://www.ouest-france.fr/actu/actu_PdlL_--B-I-Bora-I-B-I-I-premiere-chienne-d-eveil-a-l-ecole_8620-885252_actu.Htm
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