SPA la Roche sur Yon
Les animaux de compagnie ne sont pas épargnés par la crise. Au refuge de la SPA, les abandons de chiens ont grimpé en flèche.
Du 1er janvier au 14 avril dernier, 38 chiens ont été abandonnés directement à la SPA, soit 50 % de plus que sur la même période en 2008 (25). Et si le nombre de chiens admis en fourrière a diminué ¯ 75 au lieu de 82 ¯ ils sont de moins en moins nombreux à être réclamés ensuite par leurs maîtres (38 au lieu de 48).
« Récemment, un propriétaire nous a confié trois dogues blancs. Il venait de perdre son emploi et devait retourner vivre chez sa mère », explique Noëlle Coulon, l'une des six salariés du refuge.
Un constat partagé par Patrick Labega, responsable. « Il y a deux mois, un homme nous a laissé son colley. Il n'avait plus les moyens de s'en occuper ». L'effet vacances accentue encore cette donne. Alors qu'aucun chien n'avait été admis en fourrière entre le 27 mars et le 6 avril, huit remplissent depuis cette date les boxes du parc yonnais.
Des motivations économiques
Autre indicateur, les demandes de prise en charge des soins vétérinaires, qui se multiplient depuis quelques mois. « Certains n'hésitent pas à appeler pour voir si nous pouvons financer les vaccins, les tatouages ou même une opération pour leur animal. Des dispensaires SPA accordent des aides. Le problème, c'est qu'il n'en existe aucun en Vendée. Nous leur suggérons de demander un paiement différé ou en plusieurs échéances à leur vétérinaire », indique Noëlle Coulon.
Les demandes de nourriture progressent elles aussi. « Parfois, nous dépannons en puisant dans nos réserves de croquettes. On préfère des gens qui osent réclamer à ceux qui se taisent et jettent ensuite leur chien à la rue », souligne Patrick Labega.
Les chats s'en sortent mieux. De janvier au 14 avril dernier, le nombre d'abandons directs est resté stable par rapport à la même période en 2008 (12), de même que celui des mises en fourrière (21). Un statut quo lié à leur capacité à chasser pour assurer leur survie.
Reste les adoptions. Et pour une fois, la crise a du bon, car les familles réfléchissent désormais à deux fois, avant d'adopter un compagnon. « Elles ne cèdent plus aux coups de coeur, et réalisent qu'un animal, c'est aussi un coût », constate Patrick Labega.
Mais un effet pernicieux devrait néanmoins se manifester. « Les gens acquièrent de plus en plus de chiots de particulier à particulier. Ils omettent ensuite de les faire tatouer. D'ici quelques mois, on risque de trouver des chiens non identifiables à divaguer dans la rue ».