"Wendy and Lucy" de Kelly Reichardt
La cinéaste Kelly Reichardt, originaire de Portland comme son collègue Gus Van Sant, n’a pas besoin de beaucoup de péripéties pour tourner le film le plus captivant qui soit. Plus l’intrigue est minimale, plus l’image donne un sentiment d’immensité, plus l’actrice, la jeune Michelle Williams, déploie des trésors d’inventivité et de justesse rien qu’en se déplaçant, ou en exprimant d’une voix calme et décidée, son angoisse.
Une fille et son chien, Wendy et Lucy. Wendy décide de traverser les Etats-Unis pour gagner sa vie en Alaska, en nettoyant des poissons. Wendy a une vieille voiture, elle y met son chien, et dans l’Oregon, vole dans une superette une boîte de croquette pour lui. Elle est prise la main dans le sac, et pendant qu’elle est en garde-à-vue, Lucy, qui ne porte pas pour rien un prénom d’enfant, disparaît. Sa voiture tombe en panne.
Est-ce que la vagabonde réussira à retrouver son amour ? C’est avec ce fil on ne peut plus ténu que la cinéaste Kelly Reichardt réussit un chef d’œuvre. Aucune bien-pensance, aucune émotion surjouée, mais le portrait d’une vagabonde en voie de désintégration tandis que les portes se ferment une à une. Un film que l’on peut voir aussi, avec des enfants, tant cette image de la misère résiste au misérabilisme.
source : http://www.femmes.com/culture/cinema/une-fille-et-son-chien-13290
