Permis de tuer les chiens
Les gardes-chasse tessinois ont le droit, depuis hier, de tirer sur les chiens errants. Une mesure exceptionnelle qui étonne.
Les animaux sauvages dans la région tessinoise d'Arogno sont dévorés par des chiens errants. Pour freiner ces attaques sanglantes, l'Office tessinois de la chasse et de la pêche a autorisé d'abattre ces canidés. Une mesure qui a suscité l'ire d'Offensiva animalista, association de défense des animaux. Elle la juge «radicale et disproportionnée» car «la seule faute de ces chiens tueurs est d'avoir été abandonnés à leur sort par des propriétaires sans scrupule».
Samuel Debrot, président de la Société vaudoise de la protection des animaux, partage cette indignation. «Je trouve que c'est une mentalité de retardés. En Suisse romande, on ne tire pas sur les chiens. On fait depuis longtemps appel à la SVPA qui donne des pièges pour les attraper!»
D'ailleurs, en dix ans et depuis l'introduction de la puce électronique, les chiens livrés à eux-mêmes sont en constante baisse.
Le problème des meutes
«Des chiens n'appartenant à personne et qui se déplacent en meute, c'est peu probable dans nos régions, confirme Cathy Maret, de l'Office vétérinaire fédéral. Il peut y avoir des cas - très rares - dans certains cantons, où l'on peut tirer l'animal. Mais cela se fait en fonction de certaines plaintes, après des avertissements réitérés à leurs propriétaires.»
Les études sur les chiens errants mettant en charpies des animaux sauvages sont quasi inexistantes. Par contre, il en existe de très détaillées, en France, sur les meutes de chiens. Grâce à ces recherches, on peut connaître de manière précise ces prédateurs. Dans les races recensées, le berger allemand arrive en tête, suivi par le beauceron et le berger belge. Quelque 50% de leurs raids se font en automne et de 70 à 90% en plein jour. Ces meutes comptent entre trois à sept chiens. Leur particularité est de tuer par plaisir, pas pour se nourrir, et ils y prennent vite goût. Ne croyez pas que ces canidés errants font exploser les statistiques. Une enquête menée sur sept départements et touchant 229 fermes prouve qu'il y a une attaque tous les cinq ans.
Le chien errant seul est encore plus minoritaire lorsqu'on examine avec minutie l'origine des quadrupèdes. Un chien de voisinage, c'est 51% des attaques, un chien de chasse 36% et un chien errant 1%. Hors normes agricoles, le problème peut devenir citadin. Ce 31 mars, un enfant de 12 ans a été gravement mordu par trois chiens errants à Sarcelles. Un responsable de la région avoue que durant l'année écoulée les autorités ont attrapé plus d'une quarantaine de canidés du même genre.
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